Présentation des métiers d'art
PRESENTATION

Trait d’union entre le passé et le futur, l’esprit et la main, l’esthétique et la fonction, les métiers d’art fondent un des socles essentiels de notre patrimoine culturel.

Elite de l’artisanat, ils puisent dans leur histoire une inspiration qui les nourrit, tout en épousant les courants esthétiques de leur époque. Ils protégent notre patrimoine, intervenant dans les champs de la restauration-conservation, et le renouvellent par la magie de la création.

Epris de perfection, les métiers d’art marient gestes transmis par la tradition et technologies nouvelles qui prolongent la dextérité de la main.

Ils représentent un réel potentiel en matière de création ou de maintien de l’emploi. Ce potentiel doit cependant être mieux valorisé, en tenant compte que ces métiers nécessitent une grande maîtrise technique, conditionnée par un apprentissage de longue durée.

En France,

Plus de 35000 entreprises relèvent en France des métiers d’art (au 1er janvier 2005).
Ensemble riche de 217 métiers différents , les métiers d’art constituent un pôle important de l’économie. Les métiers d’art emploient un plus de 100 000 personnes ( salariés et non salariés).
Le chiffre d’affaires des entreprises métiers d’art s’élève à 7,8 milliards d’euros en 2004.
Source : Panorama des entreprises métiers d’art en France - DCASPL.

En Champagne-Ardenne,

On compte près de 600 professionnels des métiers d’art sur le territoire de la région Champagne-Ardenne.

Comme partout en France, l’activité est répartie entre 3 grandes familles :
- La création contemporaine,
- les métiers de la tradition,
- la restauration et la conservation du patrimoine mobilier et immobilier.

La filière se caractérise par sa diversité mais aussi par sa concentration ou sa spécialisation sur certains départements comme par exemple le département de la Haute-Marne qui accueille un pôle vannier sur le secteur de Fayl-Billot et un pôle coutellerie sur le secteur de Nogent sans oublier la fonte d’art qui a fait la renommée de ce département bien au delà des frontières de notre pays.

La région Champagne-Ardenne peut donc se prévaloir d’un tissu de professionnels hautement qualifiés et dont la renommée, pour certains d’entre eux, a largement dépassé les limites départementales, voire même hexagonales.

DEFINITION

« un professionnel dont le métier nécessite la maîtrise d’un savoir-faire, de techniques et d’outils traditionnels mais aussi innovants dans le but de créer, transformer, restaurer ou conserver, seul ou en équipe sous sa responsabilité, des objets d’art, utilitaires et décoratifs produits en pièce unique ou en petite série ».

Statuts professionnels,

Les professionnels des métiers d’art adoptent différents statuts sociaux, juridiques et fiscaux :
- entreprises artisanales inscrites aux chambres de métiers et de l’artisanat,
- artistes ressortissant de la maison des artistes,
- professions libérales.

LISTE DES METIERS DE L’ARTISANAT D’ART

Par arrêté ministériel du 12 décembre 2003 (paru au Journal Officiel du 27 décembre 2003), Renaud DUTREIL, alors Secrétaire d’Etat aux PME, au Commerce, à l’Artisanat, aux Professions Libérales et à la Consommation, publie la liste officielle des métiers de l’artisanat d’art.

- Art floral : fabricant de fleurs artificielles, ...
- Arts du spectacle : costumier, décorateur de théâtre ...
- Arts et traditions populaires : canneur, rempailleur, ...
- Arts graphiques : graphiste, relieur, restaurateur de tableaux, ...
- Arts mécaniques / jeux-jouets : fabricants et restaurateur de jeux, de jouets, d’automates, ...
- Bijouterie-joaillerie-orfèvrerie-horlogerie : bijoutier, orfèvre, ...
- Bois : Ébéniste, encadreur, vannier, ...
- Cuir : sellier, maroquinier, taxidermiste, ...
- Décoration (tous matériaux) : mosaïste, peintre en décor, ...
- Facture instrumentale : facteur d’orgues, luthier, ...
- Luminaire : fabricant et restaurateur d’abat-jour, ...
- Métal : Armurier, coutelier, ferronnier, ...
- Métiers liés à l’architecture : couvreur ornemaniste, menuisier, ...
- Mode : modiste, plumassier, tailleur, couturier, ...
- Pierre : graveur, tailleur, sculpteur, ...
- Tabletterie : nacrier, ivoirier, ...
- Terre : céramiste, peintre sur porcelaine, potier, ...
- Textile : brodeur, fabricant de tapis, tapissier d’ameublement, ...
- Verre : maître-verrier, restaurateur de vitraux, graveur sur verre, ...

FICHIER(S) ASSOCIE(S) :
(Liste officielle des métiers de l’artisanat d’art. ) (127.1 ko)
LA QUALIFICATION ARTISANALE

La "qualification" artisanale est réglementée par l’article 21-I de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 relative au développement et à la promotion du commerce et de l’artisanat, le décret n° 98-247 du 2 avril 1998 relatif à la qualification artisanale et au répertoire des métiers et l’arrêté du 12 décembre 2003 fixant la liste des métiers de l’artisanat d’art.

Les chefs d’entreprise immatriculés au Répertoire des Métiers ont la possibilité d’obtenir :

-  la Qualité d’Artisan
-  le Titre de Maître Artisan
-  La Qualité d’Artisan d’Art
-  Le Titre de Maître Artisan en Métiers d’Art

La demande est à formuler au Répertoire des Métiers de votre Chambre de Métiers et de l’Artisanat.

POURQUOI SOLLICITER CES QUALIFICATIONS ?

Ce sont des qualifications délivrées aux professionnels du secteur des Métiers.

Seuls ceux qui possèdent ces qualités ou titres peuvent librement les utiliser (papier entête, affiche, publicité, vitrine, ...).

Ainsi nul ne peut se prévaloir de la Qualité d’Artisan ou d’Artisan d’Art ou du titre de Maître-Artisan ou de Maître-Artisan en Métiers d’Art sans avoir satisfait aux obligations prévues par la loi, les contrevenants s’exposent à des peines d’amendes.

ARTISAN D’ART ET MAITRE-ARTISAN EN METIERS D’ART

Les métiers d’art ont trouvé une reconnaissance officielle dans la publication de la liste des métiers de l’artisanat d’art du Répertoire des métiers.

L’arrêté ministériel du 12 décembre 2003 fixe la liste des métiers d’art paru au Journal Officiel du 27 décembre 2003.

Désormais, les artisans exerçant un métier d’art peuvent demander à la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de figurer dans le Répertoire des Métiers sous l’appellation « Artisans d’Art ».

En outre, la qualité d’Artisan d’Art, comme le titre de Maître-Artisan en Métiers d’Art peuvent être obtenus sous les mêmes conditions que la qualité d’Artisan et le titre de Maître-Artisan.

COMMENT OBTENIR LA QUALITÉ D’ARTISAN D’ART ?

La qualité d’artisan d’art est reconnue par la Chambre de Métiers et de l’Artisanat compétente du département aux personnes exerçant un des métiers de l’artisanat d’art, dont la liste vient d’être fixée par arrêté du ministre chargé de l’artisanat :

Les intéressés doivent justifier :

-  soit d’un certificat d’aptitude professionnelle, d’un diplôme ou d’un titre de niveau équivalent ou supérieur délivré pour le métier considéré,

-  soit d’une durée d’immatriculation au répertoire des métiers de six ans dans le métier d’artisanat d’art considéré (article 21-I loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 - article 2 décret n° 98-247 du 2 avril 1998).

Il s’agit d’une qualité intuitu personae pour le dirigeant.

COMMENT OBTENIR LE TITRE DE MAITRE-ARTISAN EN MÉTIERS D’ART ?

Créé par arrêté ministériel du 12 décembre 2003, il est attribué "dans les mêmes conditions que le titre de maître-artisan telles que prévu aux articles 3 et 4 du décret du 2 avril 1998".

Il peut donc être attribué par le président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat compétente du département aux personnes "immatriculées au répertoire des métiers, titulaires du brevet de maîtrise dans le métier exercé ou un métier connexe, après deux ans de pratique professionnelle".

Il peut également être attribué par la commission régionale des qualifications :

-   aux personnes "immatriculées au répertoire des métiers, titulaires d’un diplôme de niveau de formation au moins équivalent au brevet de maîtrise dans le métier exercé ou un métier connexe, après deux ans de pratique professionnelle... si elles justifient de connaissances en gestion et en psychopédagogie équivalentes à celles des unités de valeur correspondantes du brevet de maîtrise",

-   aux personnes "immatriculées au répertoire des métiers depuis au moins dix ans justifiant, à défaut de diplômes, d’un savoir-faire reconnu au titre de la promotion de l’artisanat ou de leur participation aux actions de formation".

Il s’agit là aussi d’un titre intuitu personae, qui permet de valoriser une connaissance technique du métier reconnue, une capacité à transmettre par la formation des apprentis et une capacité à gérer une entreprise.

SANCTIONS ?

La loi fixe le montant des peines encourues et la fermeture de l’établissement en cas de non-respect des dispositions relatives à la qualification professionnelle.

Sont punis :

le fait d’exercer une activité demandant une qualification professionnelle dans l’entreprise ou l’exercice d’une activité artisanale sans être inscrit au répertoire des métiers,

l’usage du mot « artisan » ou de ses dérivés pour l’appellation, l’enseigne, la promotion ou la publicité de l’entreprise sans détenir la qualité d’artisan, d’artisan d’art, de maître-artisan ou de maître-artisan en métiers d’art.

Le contrôle de ces dispositions est réalisé à posteriori par les agents de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DCCRF) ou par les officiers ou agents de la police judiciaire.

OÙ VOUS RENSEIGNER ?

CHAMBRE DE METIERS ET DE L’ARTISANAT DES ARDENNES 8 rue de Clèves BP 290 08104 CHARLEVILLE MEZIERES CEDEX Tél. : 03 24 56 81 81

CHAMBRE DE METIERS ET DE L’ARTISANAT DE L’AUBE 6 rue Jeanne d’Arc BP 4104 10014 TROYES CEDEX Tél. : 03 25 82 62 00

CHAMBRE DE METIERS ET DE L’ARTISANAT DE LA HAUTE-MARNE 9 rue Decrès 52000 CHAUMONT Tél : 03 25 32 19 77

CHAMBRE DE METIERS ET DE L’ARTISANAT DE LA MARNE 68 Boulevard Lundy BP 2746 51062 REIMS CEDEX Tél : 03 26 40 64 94

LE LABEL "ENTREPRISE PATRIMOINE VIVANT"

Le Ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat et des Professions Libérales, Monsieur Renaud DUTREIL, a lancé le 24 mai dernier, le label "Entreprises du Patrimoine Vivant", créé par la loi du 2 août 2005 en faveur des PME, pour promouvoir le développement des entreprises détenant "un patrimoine économique, composé en particulier d’un savoir-faire rare ou ancestral, reposant sur la maîtrise de techniques traditionnelles ou de haute technicité et circonscrit à un territoire".

LES OBJECTIFS :

Ce label vise 3 objectifs principaux :
- Valoriser les entreprises fondatrices de l’identité économique et culturelle française, faciliter leur reconnaissance à l’échelle nationale et internationale et éviter ainsi la disparition des plus fragiles d’entre elles.
- Inciter ces entreprises à innover et à élargir leurs marchés (le marché mondial qui s’ouvre notamment grâce à Internet est une extraordinaire opportunité pour la plupart d’entre elles).
- Conforter leur croissance, permettre le développement des emplois et donc la transmission des savoir-faire et des entreprises.

LES CRITERES :

Toutes les entreprises (à l’exception des entreprises du secteur agricole et alimentaire, qui bénéficient d’ores et déjà d’un signe de qualité propre) exerçant une activité de production, de transformation, de réparation ou de restauration peuvent demander le label, quelle que soit leur taille, dès lors qu’elles répondent au moins à un sous-critère dans chaque famille de critères A, B et C :

A. Critères indiquant la détention d’un patrimoine économique spécifique :
- L’entreprise possède des équipements, outillages, machines, modèles, documentations techniques rares ;
- L’entreprise détient des droits de propriété intellectuelle liés à ses produits, à ses services ou à ses équipements de production ;
- L’entreprise est titulaire d’un nom ou une marque notoire au moins au plan régional qui peut se traduire par un réseau de clientèle spécifique.

B. Critères indiquant la détention d’un savoir-faire rare reposant sur la maîtrise : de techniques traditionnelles ou de haute technicité
- L’entreprise détient exclusivement ou avec un petit nombre d’entreprises, un savoir-faire indiscutable et notoire au plan local, national ou international ;
- L’entreprise détient un savoir-faire qui n’est pas accessible par les voies de formation normales mais par celles dispensées par l’entreprise elle-même ;
- L’entreprise emploie un ou des compagnons détenant une haute technicité exigeant un très long apprentissage, difficiles à recruter ou à former.

C. Critères indiquant la notoriété et l’ancienneté de l’implantation géographique de l’entreprise :
- La renommée de l’entreprise tient à une dimension culturelle ou ancestrale, locale, nationale ou internationale qui peut aussi être liée à la valeur historique ou architecturale de ses locaux, de ses équipements de production ou de la nature des produits ou des services qu’elle propose à la vente ;
- Les produits sont fabriqués ou restaurés à raison de procédés de fabrication spéciaux, loyaux et constants, consacrés par les usages locaux, ou à partir d’un outillage ou des machines conçus spécifiquement dans la zone de notoriété.

PROCEDURE DE LABELLISATION :

Le label est attribué par le Ministre des PME, après avis d’une commission nationale composée de professionnels et de personnalités qualifiées.

LES AVANTAGES POUR LES ENTREPRISES :

Les entreprises labellisées pourront bénéficier d’exonérations fiscales (majoration des crédits d’impôt sur les dépenses de conception et l’accueil d’apprentis), d’une médiatisation à l’échelle nationale et internationale mais aussi d’un accompagnement spécifique.

CONTACT :

Secrétariat de la Commission Nationale des Entreprises du Patrimoine Vivant
Institut Supérieur des Métiers - 28/30 rue des peupliers 75013 Paris
Contact : Laetitia Toullec - Tél : 01.44.16.80.67 - l.toullec@ism.asso.fr

Sur le site internet dédié au label : http://www.patrimoine-vivant.com

FICHIER(S) ASSOCIE(S) :
(Dossier de candidature EPV) (290.8 ko)
CREDIT D’IMPOT EN FAVEUR DES METIERS D’ART

Les entreprises relevant des métiers d’art peuvent bénéficier, sous certaines conditions, d’un crédit d’impôt au titre des dépenses qu’elles engagent pour la conception de nouveaux produits.
Celui-ci est égal à 10 % de la somme des dépenses éligibles, plafonné à 100 000 € par entreprise et par période de 3 ans consécutifs (ce taux est porté à 15 % pour les « entreprises de patrimoine vivant »).
Il s’impute sur l’impôt sur le revenu ou sur l’impôt sur les sociétés dû par l’entreprise au titre des exercices au cours desquels les dépenses ont été exposées.

Une instruction fiscale du 21 mai 2007 présente une synthèse de cette mesure.

Vous pouvez télécharger cette instruction fiscale ci-après.

FICHIER(S) ASSOCIE(S) :
(Instruction fiscale du 21 mai 2007 : crédit d’impôt en faveur des métiers d’art.) (61.2 ko)